Un négatif, ce n’est pas “juste une mauvaise nouvelle”

Tu peux être en train de répondre à des messages, d’aller travailler, de faire les courses… et pourtant, à l’intérieur, tout s’écroule.

Un négatif en PMA, ce n’est pas seulement :

  • un chiffre,

  • un appel,

  • une prise de sang,

  • une phrase.

C’est souvent un choc qui touche exactement là où ça fait le plus mal : l’identité, l’espoir, le sens, la dignité.

Et c’est là que beaucoup de femmes se font du mal sans s’en rendre compte : elles essayent de “gérer vite”, de “passer à autre chose”, de “être fortes”… alors que leur système est en train d’absorber un impact.

Tu n’as pas besoin d’être forte. Tu as besoin d’être tenue.


Ce que tu ressens est logique (et fréquent)

Après un négatif, tu peux ressentir un mélange très violent :

  • tristesse lourde, parfois muette

  • colère (contre ton corps, le monde, la médecine, les autres)

  • honte (“je suis cassée”, “c’est moi le problème”)

  • jalousie (et culpabilité d’être jalouse)

  • vide, anesthésie, impression de flotter

  • envie de disparaître, d’éviter les gens, les bébés, les annonces

  • peur de recommencer, peur de s’arrêter, peur de regretter

Et surtout : perte de toi.
Comme si tu devenais “celle qui échoue”, “celle qui essaye”, “celle qui n’y arrive pas”.

Le négatif ne fait pas que “faire mal”.
Il peut te pousser à te juger, à te réduire, à te durcir.


Les 3 pièges qui abîment le plus après un négatif

Piège 1 : se juger

“Je suis trop sensible.”
“Je devrais mieux gérer.”
“Je suis ridicule.”
“Je n’ai pas le droit d’être comme ça.”

➡️ Ce jugement ajoute une deuxième douleur à la douleur initiale.

Piège 2 : chercher une explication immédiate

“Qu’est-ce que j’ai fait de travers ?”
“Si j’avais…”
“Ça veut dire que…”

➡️ Ton cerveau veut une cause pour reprendre du contrôle.
Mais la recherche de cause, à chaud, devient souvent une spirale.

Piège 3 : décider sous le choc

“J’arrête tout.”
“Je recommence tout de suite.”
“Je dois faire quelque chose maintenant.”

➡️ La décision prise dans le choc n’est pas une décision : c’est une fuite.


Ton objectif n°1 : les 72 heures de protection

Je donne souvent une règle simple :
pendant 72 heures, tu ne fais que te protéger.

Pas “réfléchir à toute ta vie”.
Pas “optimiser la suite”.
Pas “te convaincre”.

Juste : protéger ton système.

Ce que tu évites pendant 72h

  • forums, témoignages, comparaisons

  • statistiques, taux, recherches “à 2h du matin”

  • décisions définitives (reprise/arrêt)

  • expliquer ton vécu à des gens qui ne peuvent pas entendre

  • te “forcer” à voir du monde si ça t’arrache

Ce que tu fais à la place

  • réduire la stimulation (écrans, réseaux)

  • manger simple (même si c’est minimal)

  • dormir dès que possible

  • marcher 10 minutes, même lentement

  • parler à une personne sûre (pas “conseils”, juste présence)

  • écrire ce qui fait mal, sans filtre

Le but : ne pas t’ajouter de violence.


Le protocole émotionnel (simple) : “Accueillir, Contenir, Revenir”

Quand ça déborde, il te faut un enchaînement clair.
Pas des grandes théories.

1) Accueillir (30 secondes)

Dis-toi :

“Oui, c’est dur. Et c’est normal que ça soit dur.”

Tu ne valides pas une catastrophe.
Tu valides une réalité émotionnelle.

2) Contenir (2 minutes)

  • assieds-toi

  • respiration lente : inspire 4 / expire 6 (10 cycles)

  • épaules basses, mâchoire relâchée

Le corps doit recevoir un signal : “je suis en sécurité”.

3) Revenir (2 minutes)

Choisis une action réelle :

  • boire de l’eau

  • prendre une douche

  • marcher jusqu’à la fenêtre

  • mettre une musique

  • t’allonger 5 minutes

  • envoyer un message simple (“j’ai besoin que tu sois là”)

Tu reviens au réel, pas au mental.


La phrase qui te sauve : “Je ne suis pas le résultat”

La PMA crée une confusion terrible :
résultat = valeur.

Tu finis par croire que si ça ne marche pas, c’est que toi, tu n’es pas “comme il faut”.

Alors je te le pose clairement :

  • Tu n’es pas un taux.

  • Tu n’es pas un protocole.

  • Tu n’es pas une statistique.

  • Tu n’es pas “cassée”.

Tu es une femme qui traverse une situation répétitive, intime, éprouvante.

Et la dignité, dans ce contexte, ce n’est pas “aller bien”.
C’est ne pas te trahir.


Revenir à toi : 4 repères concrets qui reconstruisent

Après un négatif, l’esprit veut du grand sens.
Mais ce qui reconstruit, c’est du cadre.

Repère 1 : une routine du matin “stable”

Même simple :

  • verre d’eau

  • douche

  • 5 minutes dehors / fenêtre

  • 3 phrases écrites :

    1. ce que je ressens

    2. ce dont j’ai besoin

    3. ce que je choisis aujourd’hui

Le but : commencer la journée sans être avalée.

Repère 2 : une limite “PMA” par jour

20 minutes, pas plus.
Sinon la PMA mange ta journée, et tu n’as plus d’air.

Repère 3 : une personne “safe”

Pas celle qui te dit :
“Ça va venir”, “détends-toi”, “au moins…”, “pense positif”.

Une personne qui dit :
“Je suis là. Je t’écoute. Je ne cherche pas à réparer.”

Repère 4 : un acte de vie

Tous les jours, un acte de vie (même petit) :

  • cuisiner un truc simple

  • ranger un tiroir

  • marcher

  • appeler quelqu’un

  • lire 3 pages

  • prendre un café au soleil

Pourquoi ?
Parce que ton cerveau a besoin de preuves que ta vie ne s’arrête pas au résultat.


Gérer les déclencheurs : annonces, bébés, fêtes, famille

Il y a un moment où tu te prends un coup “gratuit” :

  • une annonce de grossesse

  • une invitation à une baby shower

  • une photo de bébé

  • une phrase maladroite (“tu y penses trop”, “ça viendra”)

Tu n’as pas à “être sympa”.
Tu as à te protéger.

3 réponses prêtes à l’emploi

  • “Merci de penser à moi. Là, c’est trop sensible, je préfère prendre du recul.”

  • “Je suis contente pour toi, et en même temps c’est difficile pour moi. Je vais prendre soin de moi.”

  • “Je ne suis pas dispo pour en parler. Je te dirai si j’en ai envie plus tard.”

Tu peux être digne sans te sacrifier.


Et la question qui brûle : “On fait quoi maintenant ?”

Cette question reviendra.
Et elle est légitime.

Mais pas tout de suite.

On attend que :

  • tu dormes un peu mieux

  • ton mental ralentisse

  • ton corps redescende

  • tu sois capable de penser sans t’effondrer

Puis seulement, tu peux poser une décision qui te respecte.

Le cadre de décision en 3 questions

  1. Qu’est-ce que je ne veux plus revivre comme ça ?
    (ex : l’obsession, l’isolement, les forums, les nuits blanches)

  2. De quoi ai-je besoin pour traverser la suite sans me perdre ?
    (ex : un cadre, un accompagnement, des limites, un rythme)

  3. Quelles limites je pose, même si ça déplaît ?
    (ex : moins de PMA dans la maison, plus de repos, moins d’infos)

Ce n’est pas “abandonner”.
C’est choisir une traversée.


Quand consulter / se faire accompagner ?

Tu n’as pas besoin d’attendre d’aller “très mal” pour demander de l’aide.

Mais il y a des signaux clairs :

  • tu ne dors plus depuis plusieurs jours

  • tu n’arrives plus à travailler / fonctionner

  • tu as l’impression d’être étrangère à toi

  • tu te sens coupable en permanence

  • tu ne peux pas sortir de la rumination

  • tu t’isoles, tu te fermes, tu t’éteins

Dans ces moments-là, un cadre extérieur est souvent ce qui permet de ne pas s’abîmer.


Une dernière chose (importante)

Beaucoup de femmes pensent :

“Je dois tenir, parce que sinon je vais m’écrouler.”

Mais la vérité, c’est plutôt :
tu t’écroules quand tu tiens seule trop longtemps.

Tu n’as pas à porter ça seule.


Si tu veux être accompagnée (sans promesse, sans jugement)

Si tu veux traverser l’après-négatif avec plus de stabilité, de dignité et de clarté — sans te durcir et sans te perdre — tu peux :

  • Réserver un appel offert (pour poser ton étape actuelle et ton besoin réel)

  • Rejoindre mon groupe Facebook privé : soutien + outils concrets + repères simples pour chaque phase du parcours

Tu n’as pas besoin d’être “réparée”.
Tu as besoin d’un cadre pour te retrouver.